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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 00:15

Mercredi 15 septembre

 

Jour 3 : je lis, du polar franco-maori, Utu de Caryl Férey, après avoir lu Haka, il y a quelques temps.  "Haere mai Aotearoa" ! Sanglant...

 

Sans le savoir, j'ai commencé par le deuxième volume, mais on peut lire les deux romans séparément ou dans les deux sens. Je vous les livre selon la chronologie de mes lectures.

 

 Utu est sous-titré "Un thriller chez les Maoris",  je ne peux dire mieux et plutôt que de blabater, je vous donne en pâture quelques extraits, dont la scène d'exposition...

 

"Soudain, Paul Osborne eut envie d'uriner. Une envie oppressante. N'importe où ferait l'affaire. Il distinguait à peine la masse des autres disséminés sur le sable : il y avait cette cabane blanche au bout de la plage, l'air vibrant dans ses poumons et cette rumeur qui tirait sur son sexe et l'aspirait... Le soleil d'abord s'affaissa : ses genoux fléchirent, puis cédèrent. Étouffant un cri, Osborne s'écroula sur le sable. Hyperthermie, effets secondaires de peurs anciennes ou de pilules, il ne put retenir la brûlure qui irradiait son ventre : un filet d'urine coula de son pantalon...Infirmière par vocation, Mary aimait les hommes en général, et Osborne en particulier : elle avait profité du coma pour le déhabiller et le mettre  à cuver dans une chambre aérée de l'hôpital. Son corps, tout en muscles, était couvert de bleus. Les jointures de ses mains étaient écorchées. Il avait de belles mains pourtant, des épaules solides, une peau cuivréediablement douce (elle l'avait vérifié), et un visage d'ange endormi qui se transformait sitôt qu'il s'éveillait. Osborne avait des yeux de tigre : c'est du moins l'image que Mary en avait gardé quand, sortant brusquement de son coma, il l'avait trouvée penchée au-desus de lui, nu..."


J'ai lu ce polar enrentrant de Nouvelle-Zélande : il fait référence à des aspects culturels et surtout à des lieux qui ne m'étaient plus tout à fait inconnus - le récit se déroulant dans l'île du Nord - par exemple la fameuse plage de Karekare, celle que l'on découvre dans la scène d'ouverture de "La leçon de piano" de Jane Campion et que j'ai cherché longuement avant de la découvrir en cinémascope ! Je n'avais pas regretté ce soir-là la galère ensuite pour trouver un lit (le concert d'AC/DC à Auckland, remember, http://sylvie-braem.over-blog.com/article-la-le-on-de-piano-44837758.html !) :

"...Plus sauvage, Karekare s'étendait au pied d'une impressionnante côte rocheuse, elle-même prolongée par une forêt tropicale humide qui donnait des couleurs à la plage de sable noir. Les vagues, énormes, s'y écrasaient dans un bruit de carcasse..."


Et attendez de lire la desciption dela même plage dans Haka :

"...Karekare. Une plage titanesquevfouettée par les vents. Le sable état noir, les dunes rondes, les herbes d'un vert piquant. Planté dans l'océan comme une statue commémorant les noyés, un rocher s'élevait, véritable forteresse au milieu des éléments déchaïnés. Et la mer, inlassable puncheuse, s'écroulait par paquets vivants sur la plage déserte. Ici, le courant était si fort que les surfeurs ne sy aventuraient qu'à leurs risques et périls... Pour arriver chez John, une route abrupte serpentait  à travers un buh épais, constitué de fougères géantes et de fleurs rarement domestiquées... Même la descente était dangereuse. Mais l'émotion était nette lrsqu'on découvrait la longue plage, cernée de loin par des monts fabuleux : Karekare..."


Voilà, tout est dit, c'est exactement cela, ce que l'on voit et ce que l'on ressent... Mais mes souvenirs perso ne vont pas vous donner envie de lire le bouquin :

Donc Paul Osborne, qui a démissionné de la police depuis environ un an, est rappelé pour découvrir pourquoi son ancien chef, Fitzgerald, Maori comme lui, s'est suicidé alors qu'il arrivait  à  terme d'une enquête l'ayant mené sur les traces d'un chaman activiste maori, Zinzan Bee. Fitzgerald était sur le point de se faire démissionner, en raison de ses méthodes expéditives. Les mêmes qu'Osborne. Sauf que Fitzgerald n'était pas homme à se suicider : depuis 25 ans, son unique raison de vivre était de découvrir ce qu'étaient devenues sa femme et sa fille, disparues dans l'île du Sud sans laisser aucune trace...

Osborne, dont on ne sait pourquoi il  a démissionné, mène l'enquête, qui va étrangement le renvoyer  à son propre passé et ses démons, dont son père, qu'il n'a pas connu,  et Hana, "sa femme", la seule qu'il ait jamais aimé et qu'il a perdu,  à tout jamais. Alcoolique, drogué, Osborne n'en est pas moins flic et décidé à trouver les meurtriers, car il sait que Fitzgerald n'a pu se suicider.

Commence alors une intrigue riche, compliquée à souhait,  où se mêlent histoire néo-zélandaise, culture maorie, mais aussi argent, pouvoir, sexe, drogue, comme toujours... La violence monte crescendo, et connaît l'acmé lors des dernières pages. Trop peut-être, c'est violent, cru, et le sang s'écoule à gros bouillons, mais pas seulement. Comme dans "Haka", dont je reparlerai.

Il faudrait aussi évoquer le style Férey, un peu facile parfois : "Survivre exige une discipline de rat" ; un peu lourd : "A l'heure de la sortie des bureaux, la circulation était fluide : ici il n'y avait pas de bureaux..." d'autres fois, mais avec des trouvailles, des perles d'écriture, des bonbons que l'on suce au gré de la lecture : "Une femme gisait sur le rivage, léchée par l'écume des flots démontés : un simple tronc et sa tête qui s'étaient échoués là, à bout de vagues..."

Enfin, des bonbons, façon de parler. "Aukland s'endormait, bercée par le Pacifique. Culhane avait proposé de passer le prendre pour se rendre  à la soirée mais Osborne avait refusé. Il s'assit sur le rebord de la fenêtre et fuma le stick d'herbe pure, en attendant que le soleil s'effondre..." Je regrette de ne pas les avoir toutes relevées.

"Utu" signifie vengeance...

 

A suivre...

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commentaires

michel 15/09/2010 22:46


Ferme bien la porte et regarde sous le lit !


16/09/2010 00:39



Comment as-tu deviné : c'est exactement ce que j'ai fait ! Il n'y avait que de gros moumoutes sous le lit, et pas néo-zélandais, ceux-là !



Marie Hélène 15/09/2010 01:28


Mais ça doit être super dur à lire en maori !!!!!!!!!!!!!


15/09/2010 13:12



Oulala ! C'est le bazar !



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