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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 05:49

Samedi 9 avril

 

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C'est mon anniversaire, et pour mes 34 ans, les bougies, les bulles, l'euphorie et les compagnons de fête sont au rendez-vous : plongée à Hienghène, avec Emilie et quelques camarades d'(in)fortune ! En effet, houle de 25 noeuds, creux d'au moins 2 mètres, Vomito en guest-star et en avant-première rien que pour môâ ! Pas de fête digne de ce nom sans quelques malades ! Quant à moi, merci Mercalme !

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La lime électrique (lima scabra pour les puristes) est la bougie du jour, grâce à cet arc électrique incroyable qu'elle produit, bulles d'azote et ivresse du grand bleu sont en lieu et place du champagne et je dois remonter en urgence faute d'oxygène ! Trop gourmande, comme toujours ! Une murène javanaise surgit au milieu des serpentins, dans ce dédale de tunnels qui font la spécificité des sites de Hienghu et Donga Hienghu. L'invité ne trouble pas la fête, après tout elle est chez elle, et nous la dérangeons, mais nous  surprend dans ce milieu fermé et un tantinet angoissant, lorsque l'on aime les grands espaces très ouverts.

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Gorgones, poisson empereur, diagramme arlequin, anthias, rascasse-poule nichée au creux des rochers, requin assoupi sur le fond sableux, les invités sont venus en masse et ceux que j'oublie sauront m'excuser. Une petite fête très réussie, merci les gars !

Le site de Babou Océan.

Merci aussi à Martin, du Tiéti Diving de Poindimié, autre plongée fabuleuse la veille (photos  à venir),  de mon modeste point de vue la plus belle, pour l'autorisation de publication de ses photos. Voir le site du Tiéti, ici, Tiéti-Diving - Plongée en Nouvelle-Calédonie.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 05:30

Vendredi 8 avril

 

Moins de tranquillité mais une bonne table !

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Petit déj' du lunette...DECEMBRE-2010-2586--800x533-.jpg

Et le mien : au menu, entre autres, une confiture de papaye et des madeleines à la banane maison, excellentes !

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DECEMBRE-2010-2582--533x800-.jpgC'est la première fois que je vois un calebassier : la patronne m'explique qu'il se fait de plus en plus rare, les gens ne plantant plus cet arbre qui ne porte pas de fruits comestibles.

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Emilie affairée.DECEMBRE-2010-2590--800x515-.jpg

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Les fameux rochers de Lindéralique, décrits par Didier Daeninckx, dans Le retour d'Ataï.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 11:58

Vendredi 8 avril

 

A  Poindimié, il pleut. A Hienghène ôssi. La côte Est est toujours bien arrosée, mais le grand beau revient  vite. En ce vendredi soir, c'est dans une ambiance automnale que se dressent les fameux rochers.

Pour donner raison à Sonia, des champignons poussent  entre les pins et pour Michel, des fois qu'il viendrait, des vadrouilleurs locaux ont fléché le chemin de randonnée...

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"Fruit de la passion, fruit de la passion... Zoukez, zoukez..."

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 J'achèterais bien un voilier...

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:27

Vendredi 8 avril

 

Où je découvre, lors de la pause réglementaire, que le mari d'Adèle est un métis (elle m'a en effet demandé de quel mélange j'étais le fruit, moi qui passais totalement inaperçue depuis mon arrivée sur le Caillou, et pour cause !). Quoi de plus banal, ici ? Oui mais il est issu d'un métissage pas banal : allez, devinez ? Il est Ch'ti Kanak (les deux méritent bien une majuscule !) ! Il est né à Béthune et est originaire de Wavrin,  tous deux y ont vécu pendant 4 ans ! Je me demandais en effet pourquoi avoir choisi cette ville comme point de chute en France ! Il faut tout simplement être ch'ti ! Un peu de chauvinime : elle a aimé cette région, le Maroilles, et surtout les gens, s'y faisant une tralée d'amis ! Mais s'est aperçue en rentrant que chez elle, à Poindimié, que c'est quand  même fin joli la Calédonie ! Et maintenant, a deux petits un p peu ch'ti ôssi ! Jeanne, sa coéquipière, a vécu également en France, 3 années consécutives, mais pas folle, à Bordeaux, au climat plus clément pour  une jeune mélanésienne, sans parler des bons vins et de la  cuisine locale !

Pas de montagnes à Val d'Isère, hormis des pics de beauté, mais des coraux bois-de-cerf, le règne des petits, encore...

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DECEMBRE-2010 2711 (800x600)Mini-crevette

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DECEMBRE-2010 2725 (800x600)Plante ou animal : cet organisme se déplace la nuit...

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Une autre micro-crevette, planquée sous une holothurie qu'Adèle retourne comme une vulgaire crèpe. Je la maintiens pendant qu'elle photographie les bêtes, après un moment de répulsion. J'avais imaginé cette grosse bestiole indolente molle et visqueuse, en fait sa peau est assez dure, voire rugueuse. Les Coréens raffolent de cette biche de mer, appelée aussi concombre de mer : c'est pas bon, berk !

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Celui-ci défend son nid bec et nageoire dorsale !

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Autre holothurie qui cache bien son jeu : ça ne pique pas ! Les apparences sont souven trompeuses !

 

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DECEMBRE-2010 2742 (800x600)Un autre nudibranche, ne dépassant pas 5 cm, dont la cape méphistophélique ondule au gré de sa lente progression...

DECEMBRE-2010 2745 (800x600)Nudibranche, toujours

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DECEMBRE-2010 2749 (800x600)Au toucher, ce corail se rétracte et devient aussi dur que la pierre.

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DECEMBRE-2010 2753 (800x600)L'arroseur arrosé : je ne me retourne pas, je suis suivie... Par un gros perroquet joueur qui prend sa revanche ! Qu'il méfie, quand même ! Il doit savoir que je l'aime tout particulièrement en filet, arrosé de lait de coco !

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Des coraux en corolle dont j'ai oublié le nom

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Holothurie encore : leur nom, qui signifie "tout à fait impudique", leur a été attribué par Aristote. DECEMBRE-2010 2775 (600x800)

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Oursin crayon

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DECEMBRE-2010 2786 (800x600)Adèle et Jeanne, qui souhaitent rester discrètes ! J'ai insisté ! Un peu seulement ! 

DECEMBRE-2010 2787 (800x581)Lîlot Tibarama, le plus beau de toute la Calédonie, d'après Martin...

DECEMBRE-2010-2783--800x566-.jpgLa mer était très agitée, pas autant que le lendemain, mais je ne le sais pas encore ! Il fait frais, ôssi, quoique puisse laisser penser la tenue des filles ! Elles ont en effet tombé le ciré jaune (on se croirait  en Bretagne, sans rire) pour la photo, les coquettes !

Merci pour cette superbe sortie, la plus belle ! Et vivement la prochaine !

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 08:17

Vendredi 8 avril

 

Poindimié, une des mecques de la plongée en Nouvelle-Calédonie, en compagnie d'Adèle, seule femme moniteur kanak ici et de Jeanne, son aide de camp, deux guides extraordinaires, patientes, drôles... Deux plongées magnifiques, je ne peux choisir, donc j'inonde les pages des photos prises par les deux drôles de dames... Pas de gros, le royaume du minuscule - d'ailleurs Adèle est équipée d'une loupe qui se révèle bien utile -  protégé par une armée de gorgones. 48 minutes à 25 m.

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Hippocampe pygmée rose, alors queje n'ai jamais d'hippocampe de taille normale, hormis à travers la vitre d'un aquarium.

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Poisson-ballon

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Tortue à droite

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Nudibranches - un genre de limaces...

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Dans l'ordre d'apparition, la grande parade des anthias et sergents-majors.

A suivre...

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 11:54

Jeudi 7 avril

 

A Poindimié, il pleut et tu pêches, certes, mais je me répète, tout n'y est que luxe, calme et volupté : nuit paisible, la première depuis longtemps, au gîte Newejie - perdu dans la vallée de la Tchamba, au milieu d'une tribu - à peine troublée par le bruit de la rivière toute proche, et le vrombissement d'un gros papillon de nuit, mon unique compagnon nocturne (pas de chat hyper-actif). Les propriétaires sont français, installés depuis 15 ans, et François, entrepreneur en bâtiment, est heureux de me raconter qu'il a eu Karembeu soi-même, qui a préféré sa petite villa à l'hôtel cinq étoiles qui trône en bord de mer, et quelques équipes de tournage. Il s'attend  à un coup de bourrre pour les Jeux tout proches et espère voir arriver les éplucheurs si le petit  président confirme sa visite... Sa confiture corossol-banane-cannelle est un régal, et sa ménagerie agréablement divertissante. Il se désole de la raréfaction des roussettes, ainsi que de la décimation de la douzaine de couples de pigeons  à col blanc qu'il protégeait  à sa manière, plantant des fruitiers que cette espèce endémique affectionne.  Un repas de famille de l'un de ses voisins, précédé d'une semaine de tirs nourris à travers la vallée, a coïncidé érangement avec leur disparition...

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 00:27

Mercredi 6 avril

 

Après une overdose de littérature de jeunesse moyen moyen, enfin des livres accessibles aux - grands - ados aussi mais qui se laissent avaler voracement par les adultes ! Envie de partager cette lecture, après celle des Lettres  de Calamity Jane... Et un signe que ça y est, après toutes ces corvées expédiées - enfin, presque, toujours pas fini les compte-rendus de lectures jeunesse et quelques autres tâches - les vacances commencent "pour de vrai" ! A moi demain le Nord !

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Didier Daeninckx, Le retour d'Ataï, Gallimard, collection Folio, 2006, 113 p.

 

Gocéné, veil homme de presque 90 ans, de la tribu de Tendo, dans le Nord de la Grante Terre, décide d'effectuer un deuxième et ultime voyage en « métropole ». Le premier a eu lieu en 1931, pour l'Exposition coloniale qui a permis de les exhiber, ses compagnons de voyage et lui-même, dans des cages comme des animaux, après avoir appris de fausses danses tribales, et accepté de jouer les cannibales (qui donnent le titre à un autre roman de Daeninckx, plus connu, car il cite l'arrière-grand-père de Karembeu) suite aux promesses mensongères de l'administration française. « Si, à ce moment précis, on lui avait posé la question de savoir ce qu'il comptait faire en France, il aurait répondu qu'il venait chercher un frère dont la trace s'était perdue, cent vingt quatre années plus tôt et qu'il comptait bien le ramener parmi les siens ».

 

Didier Daeninckx est considéré comme un écrivain de polars historiques, et c'est indéniable, si l'on considère que son livre est le récit romancé, certes, d'une enquête, d'une quête, d'une confrontation de la fiction et la réalité, qui se téléscopent et s'éclairent réciproquement. Mais à la différence d'autres écrivains, l'auteur ne néglige pas l'écriture, et son talent, tant au niveau du style que de la construction, semble s'affirmer au fur et à mesure de ses livres. Si l'on connait la Nouvelle-Calédonie, on est immédiatement saisi par la description qui en faite, paysages, personnages, ambiances, et si le lecteur ne la connaît pas il ne peut qu'être séduit : « … Il (Gocéné) laissa la question se dissoudre dans son silence tout en observant la côte qui se découpait au loin derrière les racines aériennes dune forêt de banians. L'air devenait transparent, et s'allumait au gré des éclats du soleil qi dansait sur la crête des montagnes. Les roches noires pétrifiées de Lindéralique surgissaient des étendues turquoise tandis que plus loin, un chapelet d'îlots argentés battus par l'écume des vagues marquait les limites du lagon. Le car filait maintenant sur le coaltar rapiécé à la latérite, le long de l'enchevêtrement humide de la mangrove... l'effigie armée d'Eloi Machoro à laquelle une main impie avait ajouté un pétard de bonne dimension... Wathiock quitta sa cabine pour hisser la valise de l'ancêtre... il sillonait la Grande Terre en nourrissant son auto-radio de toutes les chansons reggae-kanek qui lui tombaient sous la main... » C'était à l'ancien de dire ce qui le poussait vers l'air conditionné d'un Jumbo, à près de quatre-vingt dix ans, et s'il choisissait de se taire, il ne lui restait à lui, Wathiock, qu'à interroger son silence... »


Pour Gocéné, le but n'est pas de refaire le parcours de son humiliation, au cours de laquelle il a perdu un frère, Badimoin, et bien qu'on le suive sur cette reconstitution en forme de puzzle. Il veut retrouver les restes d'un autre frère, mort alors que son propre grand-père n'était pas encore né, Ataï, tué le1er septembre 1878. Il veut ainsi honorer la dernière revendication émise après les Evénements, après la terre, la liberté, le respect, enfin le retour de la tête du chef trahi par un autre chef, qui avait donné procuration à Ségou, passé dans l'armée coloniale, pour exécuter un acte que la coutume lui interdisait. Un magazine, laissé par des randonneurs de passage sur le Caillou, l'informe fortuitement d'une vente aux enchères à Drouot d'objets et ossements datant de la seconde moitié du 19è siècle. Il connaît l'existence du crâne d'Ataï, emmené en France, trophée exhibé par un militaire ou un négociant.

 

Commence ainsi la quête patiente de Gocéné, construite à partir d'une documentation, je pense, très fouillée et très soignée de Daeninckx, , qui donne toute sa vraisemblance à cette traque et surtout aux questions qu'elle pose,  procès de la colonisation. "... On dit qu'il a coulé tellement de sang, de Poum à Yaté, de Poebo à Païta, que les champs, les chemins, ont pris la couleur écarlate de la latérite. La Grande-Terre n'a jamais produit autant de cadavres qu'au cours de ces anées_là, et les Français ont pu faire d 'abondantes moissons de crânes..."  En effet, à chaque avancée de l'enquête, le lecteur est confronté aux pratiques et aux horreurs générées par la colonisation. On apprend de la bouche de Gocéné que 30 ans après l'arrivée des Français la population avait diminué de moitié et on ne peut s'empêcher de penser aux Indiens d'Amérique. De même, alors que la France, après de nombreuses polémiques et au terme de longues tractations, ait enfin accepté de rendre les fameuses têtes maories à la Nouvelle-Zélande, on lit en écho ces paroles d'une jeune conservatrice : « … Jamais un professeur ne nous a parlé de la provenance des trésors de nos musées... » La loi sur les têtes maories est faite sur mesure, de façon à ne pas créer de précédent, et elle part du postulat que la revendication est propre à une culture sacrée. Mais elle ne peut nier le fait que les collections de certains musées se sont constituées grâce aux pillages et à la guerre, et au non-respect des morts et des cultures. Les surréalistes, en 1931, avaient poussé le public potentiel à ne pas visiter l’Exposition coloniale. Aujourd'hui encore, un film comme "La Vénus noire" - Daeninckx cite également la Vénus hottentote et expose la fameuse théorie de la cranioscopie - interpelle.

 

 D'aucuns objecteront que le procès  à charge n'est pas nouveau  ; certes, mais il s'agit d'abord d'un roman, relatant une en- quête fictive, où l'Histoire est un personnage  à part entière, depuis  la colonisation jusqu'aujourd'hui.

 

Le dénouement est inattendu, malgré le cheminement logique de l'intrigue.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 00:07

Mercredi 6 avril

 

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« Ma Chérie, ceci n'est pas censé être un journal, et il se peut même que ça ne te parvienne jamais, mais j'aime penser à toi en train de le lire, page après page, un jour dans les années à venir, après que je serai partie. J'aimerais t'entendre rire en regardant ces photos de moi. Je suis seule dans ma cabane ce soir et fatiguée... » C'est ainsi que commence le recueil, le 25 septembre 1877.

 

Qui ne connaît pas le personnage de “Lucky Luke” : une cow-girl qui boit moult whisky, joue, jure comme un charretier, tire plus vite que son ombre aussi. Elle est chercheuse d'or, poseuse de rails, éclaireuse pour l'armée, conductrice de diligence, serveuse de saloon, aucun de ces métiers n'est à l'époque exercé par une femme, dans ce contexte masculin, violent, meurtrier, de conquête de l'Ouest américain..

Mais qui sait qu'à 21 ans, elle a une petite fille avec une autre légende de l'Ouest du nom de “Wild Bill”, sa seule histoire d'amour. Elle décide d'abandonner son enfant, maternité et vie de cow-girl sont incompatibles, l'Ouest n'est pas, en outre, un lieu convenanble pour élever une petite fille. Mais cette dernière lui manque, même si elle ne regrette pas le choix de l'avoir confiée à une famille bonne et honnête (que la petite Jane considère comme ses « vrais » parents). Elle décide alors de lui écrire des lettres (27 en tout) qui ne seront remises à sa fille qu'après la mort de sa mère.

Celle-ci y raconte sa vie, de son point de vue, justifiant ses choix par la nécessité, la violence, la cupidité, l'hypocrisie de l'Ouest et ses habitants. Elle y dit aussi tout son amour, son souci du bien-être, voire du bonheur de sa fille (l'épisode final du mariage qu'elle désapprouve est tout à fait révélateur), son souhait aussi de voir la vérité rétablie sur elle-même (et le père de la petite), afin que Janey puisse être fière de ses parents et de ses origines.

 

Ses lettres sont  à l'image du Far West, de la vie qu'on y mène, de la personnalité de Jane : contrastes, extrêmes.

 

Dans une même lettre (25 septembre 1881), elle raconte le massacre d'un troupeau par les Indiens, auquel elle met fin :  «... Langues de vache bonnes », c'est tout ce qu'ils savaient dire. Les malheureux animaux saignaient à mort. Je me suis mise dans une telle fureur que j'ai tiré mon pistolet et les ai enfermé dans la diligence et les ai emmenés à Deadwood. J'ai aussi emporté les langues comme pièces à conviction.... J'ai fait quelque chose de fou... j 'ai épousé Charles Burke... mais je ne l'aime pas. J'aime toujours ton père, Bill Hickok. Mais Charley a presque mon âge, les cheveux noirs, les yeux bleus. Le mariage n'est pas vraiment un roman. Nous somme mariés au bord de la rivière, sous un massif de peupliers des marais. Janey, les rayons du soleil perçaient doucement entre les branches des arbres et semblaient répandre la splendeur d'une lumière radieuse sur notre groupe d'amis. La clarté du soleil était comme une bénédiction. Naturellement j'ai pleuré. Je braille tout le temps... »


Plus loin : « Leur argent (aux hommes) leur brûle les poches et y fait des trous, mais il va aussi dans d'autres poches... On trouve près de Yellowstone Valley un rayon secondaire de la route. Au sous-sol, des antres puants, mal éclairés, petits, infects et dangereux, où une trappe ouvre directement sur la rivière pour liquider ceux qui ne peuvent tout simplement encaisser l'endroit. Le plus souvent, ils sont dépouillés et jetés à l'eau, parce que ce sont des indicateurs et des mouchards... » et, à la fin de cette lettre : «... Mon cheval Satan est mort. Je l'ai fait enterrer dans les collines... J'avais un sac d'avoine : il venait chaque jour à ma porte pour en avoir une écuelle... Un jour... je lui ai montré le sac vide et lui ai dit qu'il n'y en avait plus. Il est parti vers les collines et n'est jamais revenu m'en demander. Il savait. Il comprenait. Bon, voilà, que je mouille ce vieil album de mes larmes en pensant à mon pauvre vieux copain fidèle... »

 

A noter qu'il existe un débat autour de l'attribution supposée de ces lettres à Calamity Jane.

 

 Calamity Jane, Lettres à sa fille, Payot & Rivages, Collection Rivages Poche, Bibliothèque étrangère, 2007, 113 p.

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 22:36

Lundi 4 vril

 

En avant-première, avant le retour prochain des baleines dans le sud, concert original. Suivez le guide : http://www.optuswhalesong.com.au/

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 12:52

Jeudi 31 mars

 

La journée avait mal commencé, je n'ai pas trouvé mieux que de la finir avec un film terrible, critiquable mais dont le sujet, la destruction de l'enfance, est rarement traité de cette manière. Festval du cinéma en marge, au Théâtre de poche.

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