Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /
Carlos Ruiz Zafon, L'ombre du vent, Le Livre de Poche, 2004, 636 p.

Daniel Sempere a 11 ans quans son père, libraire, l'amène dans un lieu perdu dans le Barcelone d'après-guerre, le cimetière des Livres Ooubliés. Le gardien de ce temple est le vieil Isaac. Chaque visiteur se doit d'adopter un livre et le faire vivre de nouveau. Sans comprendre comment ni pourquoi, Daniel sait qu'il ne choisit pas "L'ombre du vent" de Julian Carax, mais que celui-ci l'attendait.
Le récit nous emmène pour un voyage dans le Barcelone des années cinquante qui ravira toux ceux qui connaissent la ville et reconnaîtront les quartiers décrits, qui semblent ne pas avoir changé depuis la fin du siècle précédent, même si la guerre a tourné la page d'une époque. Règne une ambiance néo-gothique, mais aussi très rabelaisienne dans l'écriture de certains dialogues, en particulier ceux mettant en scène Fermin, qui semble aussi parfois échappé des quartiers mal famés du Paris du 19è siècle. En fait, les styles  et l'écriture sont multiples, mais toujours choisis avec une volonté de justesse, de précision chirurgicale, de richesse, qui frôle parfois la préciosité. Mais on ne va pas s'en plaindre, en regard des tonnes de papier gâchées par des écrivaillons. De même, cette profusion, tout comme celle des multiples trajectoires qui se croisent et s'emboîtent, nuit parfois à l'intérêt, qui mollit face à certaines longueurs et le passage d'un genre à un autre. Roman fantastique, roman d'initiation, histoire d'amour, roman historique, quête et enquête, roman de la mémoire. La petite histoire se mêle  à la grande, et la réalité rejoint la fiction. De même, les personnages sont nombreux, tous très fouillés (mon préféré est Fermin, qui dit, en parlant de sa bien-aimée : "Je l'aime plus que les abricots au sirop" ou assène cette toujours vérité : "Le moyen le plus efficace de rendre les pauvres inoffensifs est de leur apprendre à vouloir imiter les riches." ). Toutes ces histoires, à travers lesquels on se disperse parfois, convergent vers un dénouement, après une deuxième partie un peu longuette, attendu, dommage, mais il y a eu assez de malheur jusque là !
Je termine par une autre citation de ce livre qui parle de livres, d'écrivains, d'amoureux des livres : "Les livres sont des miroirs, et l'on y voit que ce qu'on porte en soi-même."
On aime ou pas, en bloc !

Partager cette page

Repost 0
Published by

Juke-box

Recherche

Archives