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Dora Wadrawane, L'Hom Wazo, Madrépores, 2009, 91 p.

Patou est une jeune fille de Maré qui a abandonné le collège en 4ème malgré de bons résultats scolaires et sportifs. Elle est en effet une joueuse de volley talentueuse et reconnue. Elle préfère  rester  à la maison pour s'occuper de sa famille.
Elle est amoureuse de Jimmy, même si leur relation ne la satisfait pas pleinement, et quand celui-ci meurt brutalement après être parti travailler à Nouméa, elle ne peut effacer sa peine. Elle ne comprend pas  cette mort, qui surgit après un long silence de Jimmy. Elle se sent bientôt espionnée, suivie, et  de ce fait en proie à une grande inquiétude, d'autant plus que ses nuits sont peuplées de rêves étranges qui deviennent rapidement des cauchemars, dans lesquels un ennemi invisible la poursuit, et qui continuent de la hanter le jour. Elle finit par demander l'aide d'une vieille guérisseuse, qui lui prescrit. un remède naturel pour l'aider.
Elle devient alors la nuit Manouké, une jeune guerrière qui dirige le clan et tombe amoureuse d'un jeune guerrier, un homme oiseau au regard envoûtant qui l'emmène avec lui dans les airs chaque nuit. Elle sait qu'elle va à sa perte, sans qu'elle puisse pour autant y résister.
C'est un premier (je crois que l'auteur est prof de lettres dans un collège de Nouméa) roman facile à lire, agréable, qui permet de découvrir (pour qui ne la connaît pas) et partager la vie quotidienne des jeunes dans les îles, et en particulier celle des filles. Comme Patou, le lecteur se laisse emmener, dans cet autre monde, rêve ou réalité, magique, mythique, qui est aussi celui des Anciens, d'avant. Les mots de Dora Wadrawane traduisent parfaitement l'atmosphère magique, mystérieuse dans laquelle baignent les rencontres de  Manouké et du guerrier. Ils font oublier les maladresses d'écriture, propres à un premier roman, ainsi que parfois l'impression d'être ceux d'une jeune fille romantique, et non pas d'une jeune femme très "fleur bleue". Mais peut-être est -ce la volonté délibérée de l'auteur,  Patou et elle se confondant, permettant au lecteur de ressentir et partager les questions, les sentiments et les émotions de la jeune fille.

Pierre Gope, Où est le droit ?

Une jeune fille est violée un soir en rentrant chez elle par un homme ivre et drogué. Son père,  grand Chef de la tribu, sacrifie sa volonté de justice à la coutume et par là à la stabilité du clan. Mais elle ne peut accepter que ce crime soit effacé par un manou et une simple coutume de pardon. Elle ose braver son père et la coutume, en portant plainte devant le tribunal des Blancs pour obtenir réparation.
C'est une pièce de théâtre dans laquelle le lecteur se plonge sans difficulté. Pierre Gope, originaire de Maré, nous dresse un tableau sans concession de la société kanak, à travers les exemples du viol, de l'alcool, de la drogue, du suicide et tout simplement de la place des femmes qui sont toujours écartées des décisions, rendues responsables et soumises. Ainsi la mère du violeur, elle-même violée (et son fils est le fruit de ce viol) est traitée de p... Le violeur dit de sa victime qu'elle s'est débattue, au début, comme toutes les femmes...
Le portrait des hommes qui se réfugient derrière la coutume tout en consommant de l'alcool est très dur également.
Les Blancs ne sont pas oubliés non plus, à travers la scène nocturne des gendarmes, couards, montrant leur bêtise lorsqu'ils sont effrayés par les esprits des Ancêtres. La prison du Camp-Est est aussi montrée dans sa réalité, ne permettant pas la réinsertion des condamnés ayant purgé leur peine.
L'auteur ne donne pas de réponse, les questions restent ouvertes, avec pour principale, de mon point de vue, de donner  à la femme dans la coutume la place qu'elle a déjà acquise dans la sociéte, l'école, le monde du travail...

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