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C. Régent, Emma de Ducos fille de déporté, Les Editions du Cagou, La Bibliothèque du Cagou, 2003, 81 p.

Paris, hiver 1871. Emma a onze ans et habite Montmartre. Depuis l'an passé et la défaite française face à la Prusse, la vie est devenue très difficile : l'hiver a été terrible et la faim n'a jamais été aussi difficile à supporter. La rumeur court dans Paris que sont mangés chats, chiens, rats et bientôt les animaux du zoo du Jardin des Plantes, quand ils ne sont pas eux-même morts de froid ou de faim. Son père est tapissier, et appartient  à un Club politique où l'on débat de l'avenir de la société, des conditions de vie qui se dégradent, des salaires dérisoires... Sa mère partage ces idées. Un soir, son pèr n'est pas rentré  à la maison. Il a participé avec le peuple de Paris à la lutte contre la prise des canons mis  à l'abri par les Parisiens et que le ministre Thiers voulait reprendre. Depuis, il est au service de la Commune, gouvernement  constitué par les Parisiens "Insurgés",  ainsi nommés avec mépris par Thiers. Un mois plus tard, Paris brûle et la révolte est écrasée dans le sang par l'armée. Le père d'Emma, coupable "d'agitation" est alors condamné à la déportation en enceinte fortifiée en Nouvelle-Calédonie. La nouvelle tombe comme un couperet pour Emma et sa mère, qui vont dès lors entreprendre les démarches nécessaires pour le rejoindre là-bas, au bout du monde. Les déportés ne sont pas en effet considérés comme des bagnards, emprisonnés, et disposent d'une liberté de vie et peuvent faire venir leur famille. Le départ tant attendu a lieu deux ans plus tard. A la tristesse de quitter Jeanne, sa meilleure amie, s'ajoute bientôt  sa prise de conscience que les passagers de la Virginie sont traités comme "des animaux de ménagerie". Mais elle fait une rencontre sur le bateau qui bouleverse (si c'est  encore possible) et éclaire son voyage et sa vie sur l'île, Louise Michel.
C'est un roman "jeunesse" facile à lire, relativement bien écrit comparé  à la qualité de la production locale déjà évoquée, avec une volonté pédagogique assumée, et dont quelques pages sont consacrées à l'intégralité du poème "Viro Major" que Victor Hugo a envoyé et dédié à Louise Michel. C'est un intéressant témoignage sur une page d'histoire de la Nouvelle-Calédonie, dès qu'elle est "liée" à la France, sur les conditions de vie des déportés politiques et leurs familles, installés sur la presqu'île de Ducos (à côté de Nouméa), un ode à leur courage, et surtout à la personnalité de Louise Michel, dont  le portrait donne envie d'en savoir plus.

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