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Au sud de la frontière,  à l'ouest du soleil, 10/18, 2002, 223 p.

Je ne chanterai pas cette fois les louanges de ce roman de Murakami, même si je l'ai lu rapidement , entièrement, sans déplaisir, sans doute parce que l'écriture est comme à l'accoutumée fluide, sèche, dépouillée, parce que l'on y retrouve aussi cette facilité de l'auteur  à toujours transmettre les sentiments, et les émotions de l'enfance. Aucune référence au Japon : le récit se veut-il universel ? Peut-être par cette évocation d'un âge d'or de l'enfance et d'une amitié fusionnelle qui lui fait défaut ensuite, dans sa vie d'ado comme d'adulte, faisant naître chez lui un sentiment de vacuité qui ne le quittera plus malgré sa réussite professionnelle et familiale. Tout entier à cette mélancolie et cette nostalgie, il ne cherche pas à découvrir, comme elle le lui demande d'ailleurs,  la femme qu'est devenue Shimamoto-san lorsqu'il la retrouve. Seul l'intéresse finalement le bonheur (et la souffrance) que génèrent ces retrouvailles. Evidemment, le lecteur peut considérer sa lecture sous l'angle du bilan que chacun fait  à des tournants de la vie : réflexion sur le temps qui passe, retour sur le passé, sur les espoirs de jeunesse, les rêves, ce qui en subsiste après les réalisations et les réalités de la vie d'adulte ? Hajime est pour cela vraiment tourné sur lui-même et c'est vraisemblablement pour cette raison que nous n'apprenons rien de la vie qu'a mené son amie d'enfance durant les 25 ans qui les ont séparés.

"- Il me semble que j'ai toujours essayé d'être quelqu'un d'autre. Il me semble que j'ai toujours voulu aller vers des gens et des lieux nouveaux et différents, pour m'inventer une vie nouvelle, devenir un être au caractère différent. J'ai répété cela à plusieurs reprises dans ma vie jusqu'à présent. En un sens, devenir adulte, c'était ça, et en un autre sens, ce n'était qu'un changement de masque chaque fois. Quoiqu'il en soit, en tentant de devenir un être nouveau, je tentais de me libérer des éléments qui me constituaient jusqu'alors. Je voulais vraiment, sérieusement devenir un autre, et je croyais qu'en faisant assez d'efforts j'y parviendrais. Mais pour finir je ne suis arrivé nulle part. Je suis demeuré moi-même. Mes défauts restaient irrémédiablement les mêmes. Les paysages avaient beau changer, les échos, les voix différer autour de moi, je n'étais toujours rien d'autre qu'un être humain imparfait. J'avais les mêmes manques en moi, qui suscitaient une violente avidité d'autre chose. Une soif et une faim insatiable me torturaient, comme, certainement, elles continueront à le faire. Parce que, en un sens, ces manques font partie de moi-même. Je le sais maintenant. Si c'était possible, je voudrais devenir un autre pour toi, un nouveau moi -même..."

En un sens, rien de nouveau sous le soleil...

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