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"Livre, mon ami" est un prix littéraire initié par leVice-Rectorat de Nouvelle-Calédonie, destiné aux CM2 et 6è, dont les modalités ressemblent au "Prix des Incorruptibles", en métropole.


Claudine Jacques, Au secours de Diego, Editions baby car, 2008, 93 p.

 

Le récit se passe en Nouvelle-Calédonie et met en scène David, adolescent paralysé dont le père a quitté la maison car incapable d'assumer le handicap de son fils. Et souvent, malgré ses promesses, il se "défile" lorqu'il doit venir chercher son fils. C'est ce qui arrive encore une fois ce vendredi soir alors qu'il doit emmener David place des Cocotiers pour la soirée Harry Potter, organisée à l'occasion de la sortie du "Prince de sang-mêlé" : son père l'a tout simplement oublié. C'est devant sa télé  qu'il apprend la disparition de sa copine Vanina, qui se réfugie chez lui en pleine nuit, accompagnée de Diego. Diego est aveugle et ses parents sont morts dans un accident de voiture. Des cousins malhonnêtes se sont appropriés la maison dont  il devait hériter de son père  et s'apprêtent  à la vendre à un promoteur. Mais c'est sans compter  ses 2 amis, auxquels se joint Henry Bambel, Australien tombé amoureux de la Calédonie et d'une Calédonienne, installé à Koumac, et de Nînchëe, la cousine de Diego qui vit à Karaka. L'aventure commence et avec elle, les dangers menacent la petite troupe...
C'est une histoire invraisemblable, avec quand même quelques incohérences narratives, l'écriture est moyenne, mais au final on se laisse emmener sur les pistes de la Grande Terre, et prendre par l'histoire, pleine de rebondissements complètement irréalistes, mais comme on peut les aimer enfant, l'action bat son plein et tout finit bien ! 

 

Marie-Aude Murail, 22, L'école des loisirs,  Mouche, 2008, 51 p., illus. n. b.

 

En 1719, le grand-duc Nikolaï épouse la vicomtesse Anna Von Truck. Ils ont rapidement un peit garçon, qu'ils appellent Ivan, en souvenir d'Ivan le Terrible. L'histoire pourrait s'arrêter là mais alors il n'y aurait pas d'histoire. Ivan n'a hélas rien de terrible, c' est un petit garçon minuscule et on pense même qu'il va mourir. Vladimir écrit un soir quelques vers pour rire après quelques verres. La chanson qui dit "Ivan vint en l'an vingt mais un coup de vent soudain l'emporta dans les airs. Ah, gare au vent d'hiver ! Et vlan, et vlan, et vlan ! Pauvr' Ivan, pauvr' Ivan !" La chanson connaît un franc succès mais s'en est fini des rêves d'écrivain de Vladimir. La colère du grand-duc est terrible, elle, et il décide d'interdire la lettre V sous peine d'amende ; les agents de la  Répression du V apparaissent, on crie "22" pour prévenir de leur arrivée, ils expurgent le V de tous les livres, de tous les bouquins pardon, et il devient très difficile de converser, de parler pardon. Le grand-duc regrette rapidement sa décision  mais  un tyran ne peut admettre publiquement qu'il s'est trompé. La vie sans V s'installe et Vladimir s'exile à la campagne où il peut continuer de vivre normalement, c'est-à-dire avec le V. Mais la réalité ne tarde pas à le rattraper...

Sous un abord facile et amusant, les thèmes de la liberté d'expression et de la résistance  sont abordées et permettent de comprendre l'absurdité de mesures politiques, la façon dont une société accepte  l'oppression et comment certains préfèrent l'exil pour résister...

Permet des débats et aussi des activités de jeu autour de la langue.


 

Pierre Botero, Jean-Louis Thouard, Isamaya, Milan jeunesse, 2007, illus. coul.

 

Kwaï vit avec son arrière grand-mère Iuna, quelque part en Asie, au pied d’une montagne si haute que personne n’est jamais parvenu à l’escalader. Alors que les expéditions se succèdent et échouent, Kwaï grandit  en espérant être le premier à gagner le sommet. Iuna l’encourage, lui recommandant d’observer les hommes qui se lancent à l’assaut d’Isamaya. La montagne n’est d’abord qu’une falaise lisse et verticale, puis rocs acérés et gouffres, puis neige et crevasses, pour finir en aiguille de diamant polie par les dieux et où les hommes n’ont jamais pu tenir. Mais Kwaï l’ignore. Tous les 4 ans, il observe et apprend des hommes qui tentent l’aventure, jusqu’au jour de ses 20 ans où il se sent prêt à affronter Isamaya.

C’est un bel album sur le passage de l’enfance à l’adulte, sur les valeurs transmises par une ancienne à son arrière petit-fils. Les illustrations sont sobres, austères mêmes, elles font  parfois penser  à certaines adaptations télévisées de mangas japonaises, les couleurs en moins.

 


Florence Reynaud, Le sourire d’Ouni,Hachette, Le livre de poche jeunesse, 2004, 154 p.

 

Ouni vit au Tibet, dans les années trente, alors que les Anglais commencent à explorer et escalader les sommets. Son père et son frères sont devenus sherpas, c’est-à-dire qu’ils sont guides et porteurs pour le compte des expéditions anglaises. D’ailleurs, son grand frère est mort au cours d’une ascension. Et là, c’est Timba, son second frère qui souffre d’une blessure à la jambe et ne peut accompagner leur père,    privant la famille d’une somme de roupies dont elle a bien besoin. Sans demander l’avis de personne, Ouni prend la décision de proposer ses services comme sherpa. Jamais une fille n’a osé cela. Mais Lord   accepte, contre la promesse qu’Ouni se comporte comme un garçon, sans jamais se plaindre. L’expédition se lance à l’assaut de S, la déesse-mère des sherpas, et Ouni ne se dépare jamais de son sourire. Elle devient l’amie de Bob, le cuisinier, et seul Olivier, le fils fragile de Lord semble ne pas l’apprécier. Apprenant l’anglais avec Bob, Ouni découvre que les Anglais sont en fait sur la piste du mystérieux Yéti. Elle sait qu’il est proche d’eux et va tout faire pour le protéger, alors que les drames s’abattent  bientôt sur l’expédition…

On est un peu agacé au début par le côté pédagogique, démonstratif, de l’ouvrage,  et par ce personnage de jeune fille tibétaine anachronique (est-ce qu’une fille aurait réellement pu être sherpa  à l’époque dans une expédition anglaise ?), trop parfaite pour que l’on puisse s’identifier, par le côté attendu des sentiments inévitables entre les jeunes gens (est-ce vraisemblable ?) et le rejet du fiancé. Mais l’entrée en scène du Yéti et la dimension légendaire, mythique qu’il apporte, suivi des accidents dramatiques que subit l’expédition nous font entrer dans le récit si l’on est resté sensible à la dimension extra-ordinaire de ce type d’histoire. Evidemment, le passage à l’âge adulte avec son lot d’épreuves et l’émancipation de la jeune fille sont inévitables, (on se demande toujours si elle est plausible), et vont de pair avec le maintien de certaines traditions, le respect des êtres vivants, et des forces tutélaires, divines, de la nature. C’est le Yéti, invisible mais omniprésent, qui donne son mystère et son attrait au roman.

 

Marie-Claude Bérot, Clara et Martin , Flammarion Castor poche, 2004, 98 p.

 

Clara est un jeune fille téméraire de 12 ans  à qui rien ne fait peur : elle joue au rugby d’abord. Jusqu’au jour  où de multiples bleus sur ses jambes lui apprennent qu’elle est atteinte d’une leucémie. Plus question de jouer les casse-cous, la maladie l’amène  à l’hôpital où elle fait la connaissance de Martin atteint lui aussi de la même maladie. Ils deviennent inséparables, se comprennent alors que Clara ne supporte plus ses anciens amis, se soutiennent dans leur lutte pour guérir…

C’est une histoire crédible, réaliste même si on peut être un peu agacé au début du roman par ce portrait de fille « garçon manqué », décidément très en vogue dans la littérature de jeunesse (pas de nuance, soit c’est « Barbie », soit c’est la fille intelligente, à lunettes, sportive) mais aussi pleine d’espoir quant  à la guérison…

 

 

Lenia Major, La lettre mystérieuse, Rageot romans, 2006, 151 p., illus. n. b.

 

Eva a 10 ans, est en CM1, mesure 1,50 m. et porte à ce titre quelques surnoms comme « la grande saucisse » ou « Eva la girafe ». Alors que le dernier jour d’école arrive, elle trouve dans son casier une lettre d’amour à laquelle elle doit donner sa réponse avant le soir. Elle croit d’abord  à une plaisanterie : les garçons n’ont habituellement d’yeux que pour Margot, la « Barbie » de la classe, même si c’est elle qu’ils viennent chercher pour jouer au foot. Il n’y a que 9 garçons dans la classe, sans compter Julien, qui est dans l’autre CM1 ; elle décide de mener l’enquête, ne disant rien à Marie, sa meilleure amie. Secrètement, elle aimerait que l’auteur soit Julien, mais alors là, il ne faut pas rêver … Chapitre par chapitre, l’auteur par la voix d’Eva nous fait le portrait des garçons et de Margot ; on retrouve les élèves « types » d’une classe, parfois à la limite de la caricature. Le milieu de l’école primaire est retranscrit assez fidèlement . C’est facile à lire, sans prétentieux, parfois un peu « scolaire » ou « nunuche », mais les plus jeunes s’y retrouveront certainement.

 

Françoise Laurent, Perds pas la tête, mamie ! Sedrap Jeunesse, 110 p., illus. n. b.

 

Antoine ne peut supporter la décision de ses parents de faire entrer sa grand-mère à l’hôpital. En effet, depuis quelques temps, Joséphine perd la tête : elle sert de la lessive au lieu du sirop, arrose les fleurs en plastique, appelle son petite-fille Antoinette. Il décide d’aller se cacher avec elle dans une maison où ils vont en vacances. Mais partir seul avec une grand-mère qui retombe en enfance, dans une maison moins accueillante que pendant les vacances, n’est pas aussi facile qu’Antoine l’avait imaginé… De plus, l’état de sa grand-mère s’aggrave, et elle finit par disparaître…

Un sujet grave, rarement traité dans la littérature de jeunesse : les relations grands-parents-enfants sont souvent évoqués mais la maladie d’Alzheimer, peu, et ici avec humour et réalisme malgré la fugue improbable d’Antoine. Le récit décrit l’évolution de la maladie et la façon dont les proches la perçoivent. Le roman se lit vite et s’achève sans fin fermée, sans dramatisation excessive, sans faux espoir, mais avec l’envie de se battre pour profiter encore des répits que laissera la maladie.

 

 

 

Roselyne Bertin, Léo a disparu, Rageot, Heure noire, 2005-2007, 186 p.

 

Léo est absent ce matin au collège, alors qu’Estelle l’a vu arrivé devant la grille. Personne ne croit  à une fugue, ni sa mère, ni ses amis Olivier et Clément. Alors que la gendarmerie, en la personne de Gilles Valérian, mène l’enquête, ses amis décident de tout mettre en œuvre pour retrouver leur ami. Une fois encore, je ne sais quoi penser de ce roman, je dois perdre enfin ma naïveté enfantine. Le fait divers est plausible, pourquoi pas, les sentiments des uns et des autres sont tout à fait crédibles, mais le lecteur n’a pas l’impression que cette disparition rapproche les personnages, surtout la mère et le fils (les lettres de la première au fils disparu laissent entendre et croire cela) peut-être seulement Léo et Estelle. Le gendarme est bien campé, sympathique et humain,et il semble que le déroulement d’une enquête pour  mineur disparu soit fidèle  à la réalité. Le récit est bien mené, raconté  à plusieurs voix, se lit facilement et sans ennui, mais ne m’a pas convaincu.



Dans la sélection se trouvent aussi deux bons romans, déjà lus, Jérémy-Cheval, (un de mes romans jeunesse préférés) de Pierre-Marie Beaude, qui est l'un des mes écrivains jeunesse préférés (est-ce que le terme de jeunesse convient bien à cet auteur et ses livres ?) et Momo, petit prince des Bleuets , de Yaël Hassan, que j'ai apprécié aussi. Notes de lecture suivent.

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